Rêvons un peu : la réforme du système économique qui mettrait d’accord la gauche et la droite

Notre grille d’analyse des positionnements politiques permet de distinguer les types de politiques économiques défendues à gauche et à droite : plus ou moins interventionnistes, plus ou moins libérales (axe économique et social), plus ou moins centrées sur la nation et la responsabilité individuelle (axe identité et responsabilité). Pour aller vite, à gauche, on juge que le « marché » doit être régulé si on veut éviter que les individus, la société, et même la planète soient mis à mal par une économie livrée à elle-même ; à droite, on estime que les entraves au bon fonctionnement du marché doivent être combattues si on veut laisser libre cours aux initiatives et aux innovations qui génèrent de la croissance et du progrès ; et à l’extrême droite, on pense que le salut viendra d’un retour des frontières. Responsabilité sociale et environnementale ou efficacité économique, repli sur soi ou ouverture incontrôlée. Ne serait-il pas possible d’aller au-delà de ces oppositions, sans pour autant tomber dans les demi-mesures ?

Imaginons… Imaginons qu’il soit proposé aux grandes entreprises qui le souhaiteraient de se comporter conformément à ce que nous, les citoyens, attendons d’elles, en échange pour elles de perspectives de profits plus élevés : mieux elles répondraient à nos attentes en matières sociale et environnementale, plus elles feraient de profits. Il est aujourd’hui possible de connaître assez précisément l’opinion des citoyens d’un pays comme la France sur le comportement de plusieurs milliers d’entreprises. Il y a des solutions quasiment indolores pour dégager les fonds qui permettraient de récompenser largement les plus « citoyennes » d’entre elles. Et c’est la physionomie du système tout entier qui en serait changée.

L’efficacité du système actuel serait conservée : la concurrence continuerait à s’exercer sur les marchés de biens et de services. Mais elle serait étendue à la responsabilité citoyenne des entreprises qui, par un mécanisme adéquat, augmenteraient leurs profits en répondant mieux que d’autres aux aspirations des citoyens.

Imaginons… Les élections ont eu lieu en France, puis en Allemagne. Après plusieurs mois de discussion, les deux pays se sont entendus avec d’autres partenaires européens pour mettre en place un système économique plus respectueux des Hommes et de l’environnement.

« …Et c’est sur vous, mes chers concitoyens, que reposera, pour beaucoup, le succès de ce nouveau système que nous appelons Citoyen.

La route qui doit nous conduire à ce Système sera longue, et probablement semée d’embûches. Aussi le programme que nous nous fixons est ambitieux : il faut que dans cinq ans ait lieu le premier vote qui récompensera nos meilleures entreprises citoyennes, et que d’ici dix ans, le Système ait atteint sa pleine efficacité, pour notre bénéfice à tous.

Mes chers concitoyens, c’est à un réel changement de système économique que nous nous préparons. Nous allons vers un système qui, si vous le voulez, sera plus solidaire, plus équitable, plus respectueux de l’environnement. Vers un système qui aura remis l’Homme au centre de l’économie. Grâce à vous, grâce à nos entreprises, nous allons construire un monde que nous serons fiers de léguer à nos enfants ! Mes chers concitoyens, un monde meilleur est désormais à notre portée !… »

An 1.
La Haute Autorité du Système Citoyen est officiellement créée par les six chefs d’Etat et de gouvernements européens qui ont décidé, conjointement, de mettre en place le Système Citoyen.

(La suite est disponible ici : Dix années pour changer de système économique…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *