• Pourquoi ce blog ?   
  • Chapitre 1 :
    Tout ne va pas si mal, tout ne va pas si bien
      
  • Interlude
    Rêvons un peu
      
  • Chapitre 2 :
    Consommateurs et citoyens
      
  • Chapitre 3 :
    Au vote !
      
  • Chapitre 4 :
    L'entreprise citoyenne
      
  • Chapitre 5 :
    Constitution du Fonds
      
  • Entracte
    Rêvons un peu (suite)
      
  • Chapitre 6 :
    L'information des citoyens
      
  • Chapitre 7 :
    Le Système dans les médias
      
  • Chapitre 8 :
    Derniers réglages
      
  • Chapitre 9 :
    Chronologie prospective
      
  • Conclusion
    Rêvons un peu (fin)


  • Annexes :
        - Annexe I
        - Annexe II
        - Annexe III
        - Annexe IV





  • Conclusion
    Rêvons un peu (fin)

    FAISONS UN REVE

    Madame du B. est une comtesse. Une vraie comtesse. Elle est l’héritière d’une fortune considérable. Elle possède des bijoux dont la valeur se chiffre en millions de dollars. Des tableaux de maîtres ornent les murs de ses nombreuses propriétés. Madame du B. est milliardaire.

    Madame du B. travaille. Elle a un métier passionnant. Elle produit des films de cinéma. Pas n’importe quel cinéma. Du cinéma d’auteur. Comme productrice, Madame du B. aime prendre des risques. Madame du B. est très estimée dans le milieu du cinéma.

    Madame du B. a beaucoup d’amis. Des artistes. Des vedettes. Des gens riches, et aussi des gens moins riches. Pour ses amis, Madame du B. adore organiser de grandes fêtes. Madame du B. est une figure de la jet-set.

    Et puis Madame du B. a un fils. Un fils unique. Son « petit prince », comme elle l’appelle. Il est beau. Il est courageux. Et elle en fière. Très fière. Il est pilote d’hélicoptère. Il sauve les gens en hélicoptère. Son fils, c’est tout, c’est sa vie. Madame du B. est une maman.

    Mais un jour, le fils de Madame du B. s’est tué. Accident d’hélicoptère. Il avait 24 ans.

    Et alors le monde de Madame du B. s’est écroulé.

    Pendant un temps, elle a pensé mettre fin à ses jours. Sans son fils, quel intérêt pourrait-elle trouver à la vie ? Le cinéma, les amis, les fêtes (les fêtes !), tout lui semblait maintenant si dérisoire... Mais Madame du B. a fini par retrouver la force de vivre. C’est lui, c’est son fils, c’est la mémoire de son fils qui lui a rendu cette force. Lui qui sauvait des gens. Lui qui était si courageux. Madame du B. allait redonner un sens à sa vie : Madame du B. consacrerait sa vie à sauver les enfants des autres, les enfants victimes de la guerre, de la misère, de la maladie.

    Alors elle vend tout. Ses bijoux. Ses tableaux. Ses propriétés. Sa maison de production. Elle vend tout, et avec l’argent ainsi récupéré, elle fonde une association, à laquelle elle donne le nom de son fils. Une association qui se consacrera au sauvetage des enfants des rues, des enfants perdus, des enfants détruits par le sida.

    Aujourd’hui, à la tête de son association, Madame du B. parcourt le monde pour tenter de convaincre les gens riches de donner un peu de leur argent aux causes qu’elle défend. Elle rencontre aussi des responsables politiques, des dirigeants de grandes entreprises. Elle est écoutée. Elle n’est pas sûre d’être entendue.

    Un jour, on a vous a vue, Madame, participer à une manifestation devant la bourse de New-York, à Wall-Street. Sur une pancarte, on pouvait lire : « Combien vaut un enfant africain malade du sida à Wall-Street ? » Et la couleur de votre regard disait votre colère. La vie d’un enfant africain ne vaut rien à Wall-Street. La vie d’un enfant africain n’est pas porteuse de bénéfices futurs. On ne peut pas en espérer une rentabilité. Et ce n’est même pas la faute des financiers de Wall-Street. Ce n’est la faute de personne. C’est comme ça.

    Mais qui sait ? Un jour peut-être, Madame, la misère du monde intéressera-t-elle aussi les places boursières.

     

     



    Poster un commentaire

    Votre nom (ou pseudo)
    Votre adresse e-mail (facultatif)
    Votre tranche d'âge...
    Votre commentaire :

    Les commentaires
    (70)

    Me contacter

    Liens :
    Le Politest