Je ne suis pas centriste. Je n’en
suis pas spécialement fier. Je n’en ai pas honte non plus. Mais voilà, c’est un
fait : je-ne-suis-pas-centriste.
Par ailleurs je pense que le
système économique actuel (pour aller vite : libéral mondialisé) est
dangereux pour l’environnement et pour une bonne partie des populations du
globe, y compris au sein des pays riches.
Seulement 1°) Il y a une
évidence que les « altermondialistes » ne veulent pas voir : on
ne changera pas le système en allant contre les intérêts des multinationales ou
des marchés financiers. Il faut faire avec : ils sont beaucoup trop
puissants ! Et 2°) un gouvernement démocratique, aujourd’hui, peut
difficilement appliquer une politique économique qui ne soit plus ou moins
centriste. Trop à droite, c’est l’explosion sociale. Trop à gauche, c’est la
fuite des capitaux et l’effondrement de l’économie ; à moins qu’une telle
politique soit menée à un niveau supranational, à l’échelle de l’Union
Européenne, par exemple (le cas peut donc se présenter si une majorité – au
minimum – des pays de l’U.E. sont gouvernés à la gauche de la gauche : ce
n’est pas pour tout de suite…).
Donc, on ne peut être gouverné
qu’au centre, ou presque, et pourtant il faut modifier le système en profondeur
parce que sinon on court à la catastrophe. Conclusion : il faut une
politique qui soit à la fois « révolutionnaire » et centriste…
Ne riez pas. Lisez plutôt ce qui
suit.
Essayez d’imaginer un monde dans
lequel les entreprises qui gagneraient le plus d’argent seraient les
entreprises les plus « citoyennes » : celles qui refuseraient de
supprimer des emplois pour faire monter leur cours en bourse, celles qui
amélioreraient la condition de leurs salariés partout dans le monde, celles
dont les activités se feraient systématiquement dans le respect de
l’environnement…
Bien sûr, un monde pareil est
utopique. Bien sûr bien sûr.
Mais continuons. Imaginez, donc,
une compétition, dans laquelle s’affronteraient les plus grandes entreprises,
et qui porterait sur l’exemplarité de leur comportement en matière sociale,
environnementale, éthique. Imaginez qu’il y ait, à la clé, des milliards
d’euros de récompense pour les meilleures. Et imaginez que ce soient nous, les
citoyens, qui arbitrions la compétition, pour notre plus grand profit…
Et voilà le Système C :
un système qui serait facultatif (seules les entreprises volontaires y
participeraient) dans lequel les citoyens – et non les consommateurs –
décideraient, selon certaines modalités, quelles entreprises méritent d’être
récompensées, et lesquelles ne le méritent pas. Avec, pour les entreprises, des
perspectives de gains qui pourraient atteindre le niveau des profits des plus
grosses multinationales. Et pour les populations, une économie qui deviendrait,
progressivement, plus humaine, plus solidaire, plus responsable…
C’est donc à ce Système C
que les pages de ce blog sont consacrées : Comment pourrait-il
fonctionner ? Comment serait-il financé ? Quelles transformations
apporterait-il au système économique dans lequel nous vivons ?…
Pour illustrer ce que pourrait
donner un tel système, j’ai imaginé quelques scènes fictives, qui donnent chair
au Système C à différents stades de son élaboration. Vous pourrez par
exemple parcourir les pages que j’ai appelées Rêvons un peu et Rêvons
un peu (suite), ou bien le chapitre 9 (Chronologie prospective).
Le chapitre 2 (Consommateurs et citoyens) constitue
aussi une bonne entrée en matière pour situer l’esprit dans lequel j’ai rédigé
ce Système C. Juste pour voir si le reste mérite votre attention…
Bonne lecture !
Lire un résumé du "Système C"
ou bien accéder directement au Chapitre 1