Investir dans des actions
« citoyennes » ou « humanitaires », accepter le contrôle
extérieur d’un organisme indépendant, se mettre au niveau exigé pour obtenir la
certification citoyenne : une entreprise ne se lancera dans de telles
démarches que si elle peut espérer en tirer de très larges bénéfices.
Ce ne sont pas les actions
humanitaires qui coûteraient le plus : les moyens des entreprises sont
tels qu’elles pourraient obtenir des résultats spectaculaires avec des
investissements très limités. Les plus grosses dépenses viendraient en fait de
la mise à niveau sociale et environnementale exigée par la certification
citoyenne. Pour les entreprises les moins avancées dans ces domaines, le coût
d’entrée dans le Système pourrait même être si élevé qu’elles en perdraient
toute rentabilité. Il faut donc que le Fonds soit suffisamment doté pour que, à
lui seul, il soit capable de rendre très rentable n'importe quelle entreprise
participante.
Les entreprises mesurent
leur rentabilité en rapportant leurs bénéfices au montant de leurs ventes. On
considère généralement qu’un niveau de rentabilité de 10% est un haut niveau de
rentabilité. Il « suffirait » donc que le Fonds offre 10% du chiffre
d’affaires des entreprises participantes pour que les entreprises initialement
les moins « citoyennes » puissent toutes espérer atteindre un haut
niveau de rentabilité. Quant à celles qui sont déjà très performantes, elles pourraient tout de même espérer
doubler leurs bénéfices.
Mais comment réunir 10% du
chiffre d’affaires de toutes les entreprises qui participeraient au
Système ? Au moyen d’une petite taxe sur leurs produits, payée directement
par les consommateurs. Une taxe justifiée par le fait que ces produits seraient
fabriqués dans le respect de normes environnementales et sociales. Une taxe,
surtout, grâce à laquelle le citoyen aurait désormais le pouvoir d’influer sur
l’économie…