Imaginons qu’il existe une
gigantesque « cagnotte », un fonds constitué de milliards et de milliards
d’euros, l’équivalent de plusieurs dizaines d’années de bénéfices d’une grande
multinationale, et que ce fonds soit exclusivement destiné aux entreprises. Et
imaginons que ce soient les citoyens, et eux seuls, qui, chaque année,
choisissent quelles entreprises pourraient se le partager. Ce serait là pour
les entreprises une incitation forte à traiter le citoyen avec autant d’égard
que le consommateur. Reste à savoir comment un tel système pourrait
fonctionner.
Et d’abord, comment procéder
pour recueillir l’opinion des citoyens sur les entreprises ?
Pour connaître l’opinion
d’une population, il n’est pas nécessaire d’interroger un à un les individus
qui la composent : on peut se contenter d’interroger un échantillon d’individus
tirés au sort, dès lors que la taille de cet échantillon est suffisamment
importante pour qu’il soit bien représentatif de la population tout entière.
Dans un pays comme la France,
qui compte 40 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, on peut,
par exemple, constituer par tirage au sort 400 échantillons de 100.000
électeurs chacun. Si chacun de ces grands échantillons de citoyens est
interrogé sur, mettons, 10 entreprises différentes, c’est en tout 4000
entreprises qui peuvent être « évaluées » par les citoyens français.
Or il y a en France environ 2300 entreprises de plus de 500 salariés : en
procédant de cette façon, il est donc possible de connaître assez précisément l’opinion
des citoyens français sur chacune des « grandes » entreprises
installées en France…