Comment transformer le système économique actuel afin qu’il soit en
mesure de répondre aux préoccupations de tous les citoyens de la planète ?
Comment le rendre plus juste et plus respectueux de l’environnement sans lui
faire perdre de son efficacité ?
Il y a peut-être une solution, qui découlerait d’une idée toute simple :
rendre les profits des entreprises dépendants de la façon dont leurs
comportements sont jugés par les citoyens. Que ce soient
les choix des citoyens – et non pas seulement ceux des consommateurs – qui
déterminent qui fera de gros profits, et qui n’en fera pas.
Il faudrait pour cela, d’une part que les citoyens aient un moyen de
s’exprimer sur le comportement qu’ils attendent des entreprises, et d’autre
part que les entreprises s’enrichissent en cas de jugement positif des citoyens
à leur égard.
Comment connaître l’opinion d’un pays sur telle ou telle de ses grandes
entreprises ? En interrogeant un échantillon de population constitué de
façon aléatoire et suffisamment large pour être représentatif. On peut ainsi
interroger un échantillon de citoyens, tirés au sort sur les listes
électorales, sur le jugement que leur inspirent une, deux, trois, dix grandes
entreprises particulières, et on aura une idée de l’opinion générale sur ces
entreprises. On peut de la même manière interroger plusieurs échantillons de
citoyens sur plusieurs autres entreprises. En fait, en multipliant le nombre
d’échantillons interrogés à l’échelle d’un pays entier, ce sont des milliers de
grandes entreprises sur lesquelles il est possible de recueillir l’opinion des
citoyens.
Mais les entreprises modifieraient-elles leur comportement pour
autant ? Oui, si la satisfaction apportée aux attentes des citoyens devait
se traduire par le gain de sommes conséquentes. Un fonds pourrait être
constitué à cet effet grâce à une taxe qui viendrait s’ajouter au prix de vente
des produits et services de ces mêmes entreprises. Cela reviendrait alors à
faire payer aux consommateurs une valeur ajoutée « citoyenne », que
les entreprises ne récupéreraient que si les citoyens sondés se déclaraient
satisfaits de la façon dont elles se comportent.
Bien sûr, il faudrait que les citoyens soient en mesure de se faire une
opinion éclairée sur des entreprises dont ils n’auraient peut-être jamais
entendu parler. Bien sûr il faudrait que les comportements affichés par les
entreprises ne soient pas qu’un simple affichage. Que les consommateurs
continuent à acheter des produits rendus plus chers par l’application de la
taxe « citoyenne ». Que les entreprises soient convaincues d’en
sortir gagnantes si elles jouent le jeu…
Mais rien de tout cela n’est inconcevable. Et c’est de l’émergence d’une
véritable croissance durable qu’il est question !
Pour illustrer ce que pourrait
donner un tel système, j’ai imaginé quelques scènes fictives, qui donnent chair
au Système C à différents stades de son élaboration. Vous pourrez par
exemple parcourir les pages que j’ai appelées Rêvons un peu et Rêvons
un peu (suite), ou bien le chapitre 9 (Chronologie prospective).
Le chapitre 2 (Consommateurs et citoyens) constitue
aussi une bonne entrée en matière pour situer l’esprit dans lequel j’ai rédigé
ce Système C.
Bonne lecture !
Lire un résumé du "Système C"
ou bien accéder directement au Chapitre 1